Inspiration littéraire pour jeux de rôle(s) – Rêves de Fevre de George R.R. MARTIN

AVANT PROPOS : en ces temps de confinement, il nous arrive de revenir à l’essentiel : la famille, les travaux laissés de coté, le dessin, le jeu de rôle en ligne faute de pouvoir se rencontrer, mais aussi et surtout la lecture. J’ai dévoré plusieurs romans. Parmi eux, le « journal d’un AssaSynth » de Martha Wells, « terre errante » de Liu Cixin, « à l’image du dragon » de Serge Brussolo…

Rêve de Fevre

Désireux de lire un one-shot plutôt qu’une série fleuve, clairement alléché par l’idée de lire du George R. R. Martin, avant son iconique Trône de fer, je tombais sur une réédition d’un roman publié dans les eighties. « Rêve de Fèvre », publié en 1982 chez les anglophones, puis enfin traduit en France au 21ème siècle avec un titre quelque peu foireux de Riverdream (Mnémos en 2005), est ressorti en 2019 sous un titre conforme à l’original (Fevre Dream) par les éditions Pygmalion. Et quelle fabuleuse illustration de couverture !!

Sans réserve, j’ai aimé ce roman, tant pour le cadre présenté que les thèmes abordés, il y est question de navires à vapeur dans les brumes du Mississipi, de personnages pittoresques et de vampires (c’est dévoilé au chapitre 2), le tout traité sous un fond foncièrement humaniste et nuancé.

Des inspirations rôlistes à piocher dans un cadre fascinant

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Inspiration littéraire pour jeux de rôle(s) – Sherlock Holmes et les Ombres de Shadwell de James Lovegrove

James Lovegrove se livre à un exercice intéressant et risqué. L’écrivain anglais construit un crossover improbable entre Conan Doyle et Lovecraft, entre Holmes et Cthulhu.

L’histoire cachée de Sherlock Holmes débute en 1880, dès sa rencontre avec le Dr. Watson. Cette première aventure du célèbre duo nous mène dans une enquête qui débute dans les bas-fonds londonien et qui est inspirée du mythe des Grands Anciens. Pari réussi même si l’histoire perd peu à peu de son mystère pour devenir spectaculaire, au risque d’en oublier un peu Lovecraft…

Une source d’inspiration indéniable pour les maîtres de jeu

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Inspiration littéraire pour jeux de rôle(s) – BLACK-OUT de Connie Willis

Editions Bragelonne / tome 1 / 2012

Blitz, Tome 1 : Black-Out par Willis

Cet étonnant roman, primé plusieurs fois (Prix Nebula 2010, Hugo puis Locus en 2011), revisite le voyage temporel. En 2060, des historiens, sous l’égide de l’université d’Oxford, sont envoyés étudier le passé. Lorsque certains d’entre eux se retrouvent bloqués en Angleterre, en pleine période de black-out, en 1940, toutes leurs certitudes vacillent.

D’abord désarçonné par le style résolument moderne du récit, mettant en avant les dialogues puis des descriptions succinctes mais efficaces d’un monde familier, j’ai ensuite été happé par ce roman fleuve. J’ai suivi les protagonistes au gré de leurs décisions, leurs actions, des événements et de leurs émotions, vivant en 1940 au cœur de la population. Aux terribles réalités auxquelles les historiens temporels sont confrontés, s’ajoutent les récits de vie de ceux qui ont vécu la guerre, au ras du sol, au plus près des bombes. Ce livre d’une profonde justesse m’a clairement touché, par son traitement humaniste, mais aussi par la force de la lancinante pensée qui étreint les héros, peut-on changer l’histoire ?

Première lecture d’un roman de Connie Willis, auteure américaine, considérée comme une des figures majeures de la SF (science-fiction) actuelle. Une réelle découverte. Il faut savoir qu’il s’agit du premier tome, le suivant étant All clear dans un ensemble portant le nom de Blitz. D’autres romans antérieurs mettaient déjà en scènes ces historiens voyageant dans le passé.

Un roman de science-fiction historique au service du jeu de rôle ?

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Inspiration littéraire pour jeux de rôle(s) – Territoire de fièvre de Serge Brussolo

Editions fleuve noir / coll. anticipation / 1983

Déroutant et décevant récit d’horreur spatiale : des explorateurs partent à la découverte d’un territoire planétaire inconnu et terrifiant ; une planète constituée par un être gigantesque en hibernation.

Si Serge Brussolo ne perd rien de son extravagante inventivité, il pousse ce récit dans ses retranchements, parvenant à ne pas virer au ridicule, tout en finissant malheureusement par m’ennuyer. L’auteur m’a laissé au bord d’un morceau de bidoche, écœuré par l’affaire et rêvant sans doute d’une aventure à laquelle croire.

Des inspirations rôlistes à manier avec nuances

Il s’agit de la deuxième critique rôliste d’un roman de Serge Brussolo, je ne peux que conseiller le précédent récit, le Semeur d’abîmes, publié sur la même période.

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Inspiration littéraire pour jeux de rôle(s) – L’Echo du Grand Chant de David Gemmel.

Ed. Bragelonne / coll. Polar / 2010 / 2ème édition 3ème tirage / 1ère édition chez le même éditeur en février 2004 / David Gemmel / Echoes of the Great Song, 1997.

Les Avatars sont des hommes devenus des Dieux, grâce à leur maîtrise de cristaux qui les rendent immortels. Cependant, leur monde se meurt après une catastrophe dantesque. Les peuples asservis menacent désormais leur hégémonie. Mais sont-il seulement menacés par ceux qu’ils ont asservis pendant des siècles ? Leur propre pouvoir se tarit inexorablement mais bientôt une menace plus terrible va s’abattre sur ce monde.

Les inspirations rôlistes d’un vrai bon roman de Fantasy

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Inspiration littéraire pour jeux de rôles – Cristal qui songe

Cristal qui songe de Théodore STURGEON

Editions j’ai lu / coll. science-fiction / 1998

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Lorsque le jeune Horty est grièvement battu par un odieux père adoptif, il fuit pour être recueilli par une naine au sein d’un cirque ambulant, dirigé par un étrange et glaçant personnage, Pierre Ganneval. Ce dernier a découvert que ses semblables vivent sans le savoir à coté de puissants cristaux dont il aspire au contrôle absolu. Leurs destins vont irrémédiablement se croiser.

Première publication en 1950.

Les inspirations rôlistes d’un livre sans surprise

Livre au charme désuet, assurément poétique et marqué par le vécu de son auteur. La lecture en est aisée ; pourtant, j’ai été peu surpris et finalement peu transcendé.

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Inspiration littéraire pour jeux de rôle(s) – Les semeurs d’abîmes

Les semeurs d’abîmes de Serge Brussolo

Éditions fleuve noir / coll. anticipation / 1983

Fascinante histoire de science-fiction (SF) : des tatouages se meuvent sur leurs hôtes sous la plume terriblement efficace d’un Brussolo à l’imagination folle !! Cet ouvrage a obtenu le prix Appolo en 1984.

Une vieille édition au visuel accrocheur...

Un trésor d’inspirations pour tout rôliste :

Dans ce récit, des tatouages s’animent suite à d’étranges expérimentations. Si l’idée – simple en apparence – est géniale, (imaginez cela dans un JDR (jeu de rôle) de SF), l’histoire prend un tour dramatique lorsque l’encre perd sa mobilité pour devenir horriblement fatale pour les porteurs. Une sorte d’enquête s’amorce dans un monde déchéant où la paranoïa sur le rôle d’un pouvoir visiblement totalitaire est omniprésente.

Nous découvrons des personnages, pouvant faire des PNJ (personnages non joueurs) mémorables (de l’escroc retors qui fait commerce de cette encre à la tatoueuse, héroïne désabusée, en passant par toute une galerie de personnages qui semblent guidés par leur survie), tout en parcourant les quartiers d’une cité étrange (imaginez par exemple un quartier maintenu dans un froid polaire du fait de l’état de santé spécifique des habitants).

Les protagonistes sont menés par le récit dans une région où d’innombrables ponts suspendus tentent de résister à une nature déterminée à reprendre ses droits ; des peuplades sédentaires s’accrochent à cette vie impossible. Leurs us décadents en font des tribus proches d’un monde à la Mad Max, qui pourraient parfaitement les accorder avec un JDR post-apocalyptique.

Les idées fourmillent, l’écrivain s’amuse avec le lecteur, qui ne peut que prendre plaisir à son tour s’il accepte la folie créatrice de l’auteur. Le maître de jeu n’a qu’à piocher de formidables idées.

Inspirations graphiques – quelques travaux en cours

Un peu touche à tout, j’ai beaucoup dessiné dans mes plus jeunes années, sans oser passer le pas d’un projet de carrière dans le domaine. Je n’ai pas vraiment de regret sur le sujet, tant je pense que je n’étais pas assez passionné pour « travailler à dessiner ».

J’aime juste dessiner pour le plaisir ou pour des projets qui m’intéressent. Ainsi, je m’y attelle régulièrement pour des amis ou à l’occasion de jeux de rôles, pour agrémenter les aides de jeux ou tout simplement au gré de parties inspirantes.

Je fais partager quelques travaux en cours, non terminés, autour de deux projets.

Les publier va m’obliger à avancer dans leurs réalisations. Je précise que ce sont donc des œuvres privées, non libres de droits. Je ne peux empêcher de les utiliser à l’occasion de parties de JDR privées, au contraire, j’en serais honoré. Pour d’autres utilisations, il faudra m’en demander l’autorisation, tout simplement…

On a une sorte de soldat spatial pour un livre dont vous êtes le héros écrit par un ami ; le dessin doit être en noir et blanc pour correspondre à l’imagerie traditionnelle de ce type de bouquin dans les eighties. Je dois terminer de nettoyer le dessin (notamment l’arme), envisager quelques modifications et surtout faire le décor. Idées pour le décor, des écrans d’ordinateur couvrant le mur d’un décor pulp…

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Premières esquisse et encrage initial / dessin par Jf Applewood / droits réservés

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Dessin presque entièrement nettoyé avant le décor / Dessin par Jf Applewood / Droits réservés

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Structure du décor / Dessin par Jf Applewood / droits réservés

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Un premier essai de placement du héros / Dessin par Jf Applewood / droits réservés

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Quelque chose rôde dans cette base spatiale / Jf Applewood / droits réservés

 

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Réflexion sur les ombres et le style d’ombrage / dessin par Jf Applewood / droits réservés

Ensuite, pour le plaisir, j’ai également débuté une « peinture » sur Sketchbook (le logiciel). Je n’avais jamais fait de décor par ordinateur, donc je m’y essaie ; tout retour est le bienvenue. Je dois terminer le dessin du personnage dans le désert et apporter quelques détails au dessin final (genre un squelette dans le sable voire la fumée d’un vaisseau qui se serait écrasé dans le lointain).

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Premiers essais sur le placement général de la scène / Dessin par JF Applewood / droits réservés

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Précision de l’arrière plan et placement du héros / Dessin par JF Applewood / droits réservés

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Changement premier plan plus cohérent / Dessin par JF Applewood / droits réservés

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Et si ce personnage avait une cape ? / Dessin par JF Applewood / Droits réservés

A suivre…

Inspiration littéraire pour jeux de rôle(s) – Les voies d’Anubis

Les voies d’Anubis de Tim Powers.

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Court résumé

Un roman d’aventure publié en 1983, trépidant et furieusement pulp, dans une magnifique édition aux bords dorés (Bragelonne) ; il y est question de voyage dans le temps, de complots étranges et de magie, dans un univers aux accents steampunk (roman considéré comme un des fondateurs de ce mouvement).

Brendan Doyle, professeur spécialiste de littérature du 19ème siècle, est engagé pour participer à un voyage temporel afin de donner une conférence sur un de ses auteurs favoris. Cependant, bloqué dans le passé, il tente de survivre, aux prises avec des bohémiens mystérieux, un clown sinistre régnant sur une guilde de mendiants puis des sorciers voulant changer le cours de l’histoire pour redonner sa force à l’Egypte ancienne.

Un vrai plaisir.

Cette aventure, dans la veine de certains films d’aventure des années 80, ferait un parfaite adaptation en série tv.

A écouter avec des BO de films comme « Indiana Jones », « la Momie », voire avec celle du jeu vidéo « Black Flag » (musique terriblement efficace).

 

Des idées à piocher pour le JDR (si vous ne voulez pas lire le livre) :

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Godless – une série Netflix qui donne envie de tâter du western en JDR

En rédigeant cet article sur une nouvelle série Netflix, je me suis demandé s’il était pertinent de faire de telles critiques, d’autant que, vous allez le comprendre assez vite, j’ai beaucoup aimé cette série.

Puis m’est revenue à l’esprit cette terrible réalité : j’ai d’autant plus apprécié ce programme que j’ai éprouvé peu d’intérêt pour d’autres, déjà reléguées dans la mémoire morte dans mon disque dur cervical. Grâce à des séries qui m’ont profondément gonflé comme Travelers alias les voyageurs du temps (un groupe vient du futur pour sauver le monde perd toute crédibilité en quelques épisodes) ou Black Lightning (poncifs et manque d’imagination pour un super héros électrique sorti de sa retraite anticipée), j’ai pu pleinement apprécier la qualité de Godless.

La série western de Netflix

Un groupe de gangster sans foi ni loi sème la terreur dans l’Ouest lointain à la poursuite d’un de ses membres en fuite. Le gangster en quête de rédemption est arrêté par le shérif d’une petite ville, « La Belle », ayant perdu deux ans plus tôt la quasi-totalité de ses hommes dans l’accident de la mine d’argent locale.

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Vous vous dites sûrement que le pitch est bien classique et le traitement l’est, en ce que cette série Netflix, produite par Steven Soderbergh, écrite et réalisée par Scott Franck (réalisateur que je découvre à cette occasion) a tous les autours du western.

Le décorum, fait de grands espaces et de villes emblématiques, s’avère spectaculaire. De même, en plus de thèmes classiques autour de la vengeance et la rédemption, on y retrouve des archétypes fidèles au genre : méchant charismatique et terrifiant, shérif vieillissant et son jeune disciple, héros résiliant au grand cœur, quelques indiens, des cow-boys crasseux et souvent malhonnêtes… Pourtant, à ce schéma traditionnel, s’ajoute l’idée de donner une place plus importante à un groupe de femmes de cette ville de « La Belle ». Et c’est bien là le tour de force de cette mini-série concentrée sur une unique saison de 7 épisodes. On suit avec passion les aventures quotidiennes des nouvelles maitresses de « La Belle » face aux convoitises de personnages peu scrupuleux.

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Aux portraits d’hommes qui parcourent ce récit, répondent des femmes, majoritairement veuves, aux destins atypiques, aux choix forts, face à la nécessité de se débrouiller seules.

Outre l’esthétisme envoûtant de ce Far West, tout semble parfaitement plausible tant les personnages sont bien campés : de la mère célibataire qui élève des chevaux en compagnie de sa belle-mère indienne à l’ancienne prostituée devenue maitresse d’école, en passant par la riche veuve en fuite.

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Le « prêcheur » Frank Griffin, chef de meute, habité par Jeff Daniels, est le méchant ultime, autant fascinant qu’effrayant. Il me semble que la série joue parfaitement avec cette ambivalence du personnage, qui se décrit comme un sauveur tout en étant capable des pires massacres. Une des premières scènes du film, extrêmement violente, nous fait découvrir immédiatement sa propension à la tuerie. Je me dis que cette scène, ne laissant aucun doute sur la folle barbarie de Griffin et sa bande, nous faisant forcément le détester, a pu empêcher certaines personnes d’aller plus loin. La couleur de la série est annoncé : bienvenue dans un monde mortel où règne la loi du plus fort.

Michelle Dockery, l’actrice anglaise qui joue Alice Fletcher, mère célibataire, éleveuse de chevaux, rebelle et mystérieuse, est d’une beauté renversante. Je lui trouve une présence et une classe folle. Le moment venu, elle devient complètement badass, au même titre qu’une des femmes fortes de la ville, Marie-Agnès, sœur du shérif, et amoureuse de l’institutrice, incarnée avec sensibilité par Merrit Wever. Elle est la protectrice ultime de sa ville et ses habitants.

La scène finale semble se dessiner inexorablement pour tenir finalement toutes ses promesses. J’avoue m’être étonné d’être saisi par l’émotion à la fin de la série, d’autant plus belle qu’elle n’a pas de suite.

Je ne peux révéler tout le contenu de Godless, western désespéré au visuel soigné, immersif dès le générique, car j’ose espérer que quelques lecteurs iront dévorer fiévreusement une des meilleures séries « netflixiennes ».

 

Et le jeu de rôle dans tout çà ?

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