Inspiration BD pour jeu de rôle (JDR) – Xoco

Xoco -1- Papillon obsidienne

Xoco – Papillon Obsidienne – 1ère édition – Vents d’Ouest – collection Gibier de potence – Octobre 1994 – Ledroit – Mosdi

Fin 1994 : Je suis avec mes potes dans une célèbre boutique spécialisée du Vieux Tours (Bédélire). Dans l’endroit bondé, en ce week-end d’octobre, notre regard est immédiatement attiré par un bandeau racoleur sur une couverture sombre « par le dessinateur des chroniques de la lune noire et le scénariste de l’Ile des morts » (Deux références à l’époque pour les « nerds » amateurs de JDR).

Il me revient le choc visuel, le sentiment qu’enfin le contenu est fidèle à la couverture (ce n’était clairement pas toujours le cas à l’époque). Aussi, je me suis immédiatement dit que je voyais enfin les années folles dans leur prisme sombre et lovecraftien, comme une mise en image en technicolor de nos bouquins en noir et blanc.

Puis, le patron des lieux nous annonce que c’est notre chance, l’illustrateur vient en séance de dédicace. Je ne sais plus trop si nous sommes restés le jour même ou si nous sommes spécialement revenus, mais me revient en mémoire le souvenir d’une longue attente pour espérer un croquis dans le pub attenant à la librairie. Je me rappelle également que nous avions des tickets signifiant notre ordre de passage. J’attendais, désespéré, avec mes camarades, réalisant que le talentueux auteur faisait méticuleusement chaque dédicace à l’encre de Chine.

Je me souviens de ces dessins incroyables en train de sécher sur la bord du billard trônant dans le fond de la taverne enfumée et de la prise de conscience que le temps pris pour ces peintures n’était pas compatible avec mes horaires de train. C’était d’une beauté renversante. Il me revient également le souvenir vivace d’Olivier Ledroit, discutant avec une grande franchise avec les fans présents et n’hésitant à dire tout l’épuisement représenté par la réalisation de cet album.

Rattrapé par le temps, mon exemplaire est resté vierge et aujourd’hui encore, cette œuvre a une place particulière pour moi. Mais au delà de ces considérations, parlons de l’objet.

Une œuvre dont vous ne sortirez pas indemne

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Interview – KILN – quand la fiche de personnage devient numérique…

Contacté par les concepteurs d’un outils numérique permettant une autre approche d’une chose aussi banale (et indispensable) que la feuille de personnage, une petite interview a semblé le moyen le plus efficace et approprié de présenter l’objet et ses fonctions. Je conseille le site internet dédié très accessible et didactique. Il suffit de cliquer sur l’image ci dessous.

– Avant de parler de KILN, parlez nous de vous mais aussi de vos parcours de créateurs, de joueurs ou de maîtres de jeu ?

Nous sommes Hugo et Baptiste, deux amis et joueurs de longue date. Hugo a commencé avec Warhammer V2, tandis que j’ai démarré assez tranquillement en jouant à Ryuutama. On s’est rencontré et on a joué ensemble par la suite, surtout à du Warhammer 40.000 avec Hugo en tant que MJ, mais on s’est un peu arrêté avec les études. On a repris il y a à peu près un an, et on a retrouvé les petits soucis des fiches papiers : obligés de gommer et réécrire de nombreuses fois, jamais la place pour écrire tout ce qu’on voudrait, etc.

C’est à ce moment-là qu’on a commencé à chercher un outil qui pourrait être facile à utiliser et qu’on pouvait utiliser aussi bien autour d’une table qu’en ligne (confinement oblige). On est surtout tombé sur des VTT (Virtual Tabletop), mais ça ne correspondait pas à notre façon de jouer, et ça demandait beaucoup trop d’investissement pour apprendre à s’en servir et préparer les parties. Comme on travaille tous les deux dans l’informatique, moi en tant que développeur et Hugo en tant que UX designer, on a décidé de créer notre propre outil.

– KILN, est-ce un nom qui cache une signification particulière ?

Kiln, c’est simplement un mot anglais pour “four”, notamment le genre utilisé dans les ateliers de céramiques.

Ca sonnait bien, et on aimait le concept d’un outil qui aide à fabriquer ce qu’on a envie et à lui donner la forme qu’on s’imagine, même si dans notre cas ça concerne surtout des feuilles de personnage !

– Si je comprends bien, votre idée est de construire un outil numérique et facile d’accès autour des tables de jeu de rôle (JDR). Comment en êtes vous arrivé à ce projet et pouvez vous présenter KILN pour donner envie aux lecteurs ?

La principale motivation derrière le projet c’est qu’on avait envie d’un support qui n’existait pas encore ! Il n’y avait étonnement aucune vraie alternative pratique à utiliser, entre les classiques feuilles papiers et les complexes Virtual Tabletop à base de cartes interactives.

Cela nous a poussé à prendre un vrai parti pris de simplicité, en se concentrant sur les choses essentielles. Avec KILN vous pouvez oublier toutes vos idées préconçues sur les outils en ligne ! Le but principal de notre site est de créer des fiches complètement personnalisables, grâce à un système de modules simple à prendre en main. C’est utilisable par n’importe qui, y compris des débutants, et ça permet de jouer à n’importe quel jeu : grosses licences comme jeux méconnus ou amateurs, avec extensions ou même des règles maison !

On s’est aussi posé des vraies questions sur l’ergonomie des fiches, afin de pouvoir s’en servir aussi bien sur PC que sur tablette et smartphones, ce qui permet de jouer à peu près partout et n’importe quand !

– Votre application prévoit deux modules : un pour les MJ et un autre pour les joueurs ? Qu’est ce qui les différencie ? Qu’est ce qu’apporte KILN face à une feuille de personnage classique ?

Il existe aujourd’hui un outil très simple à destination des MJ, afin de gérer les rencontres et les combats, mais c’est vraiment sur la partie joueur et les feuilles de personnage qu’on se concentre pour l’instant.

Très clairement le web apporte d’énormes avantages par rapport à une feuille papier. Déjà un côté pratique : rien à gommer, autant de place qu’on veut, transformable à loisir, impossible à perdre… Mais aussi des systèmes plus évolués.

Par exemple, on peut aujourd’hui partager en quelques clics ses feuilles de personnages sur KILN : soit en tant que modèles, soit en tant que personnages pré-tirés. ça permet à tout le monde de créer, partager et récupérer des fiches pour n’importe quel jeu. Grâce à ça on peut jouer immédiatement à n’importe quel jeu, sans besoin d’imprimer quoi que ce soit, et on peut même remodifier sa fiche comme on en a envie derrière.

– J’ai une question liée au fait que presqu’aucun réseau ne passe dans la salle communale de mon association de JDR : une connexion internet est elle nécessaire ou est ce une application utilisable hors connexion ?

C’est à peu près le seul pré-requis pour utiliser KILN oui, tous les outils sont disponibles en ligne, ce qui nécessite une connexion internet. On a donc fait en sorte d’optimiser le site pour que même une petite 3G suffise à s’en servir !

D’un autre côté, il n’y a rien à télécharger : il suffit de se créer un compte sur le site pour directement commencer à créer ses fiches ou accéder au contenu de la communauté.

– Pouvez-vous parler de l’interface elle-même et de son design ? Avez vous pour projet de faire évoluer KILN que ce soit en termes de contenu ou de design ?

Le grand défi qu’on a eu avec KILN c’est de réussir à faire tenir des fiches personnages même complexes sur n’importe quel écran, et que ça reste utilisable ! On s’est donc beaucoup penché sur les questions d’ergonomie, et on continue à tester les fiches et à récolter les avis de nos utilisateurs pour améliorer encore tout ça petit à petit.

C’est clairement un projet où les possibilités sont infinies, et on a des tonnes d’idées pour continuer à l’améliorer, auxquelles s’ajoutent encore celles de notre communauté. Si tout marche comme on le souhaite, KILN devrait beaucoup évoluer dans les mois futurs, à tous les niveaux !

– Pouvez-vous parler du modèle économique de KILN et des moyens de soutenir votre projet ?

Comme deux des buts de KILN sont d’être ergonomiques et accessibles au plus grand monde, on a voulu laisser un accès gratuit et sans pub sur tout le site. On a fait le choix de faire confiance à nos utilisateurs avec un système de dons, avec la création récente d’une page Patreon.

En nous soutenant, nos utilisateurs vont non seulement débloquer quelques avantages sur le site, mais aussi en assurer la pérennité et nous permettre de continuer à l’améliorer. On espère vraiment que ça va marcher !

– Des choses à ajouter ou à partager sur votre application ? Avez-vous également des attentes particulières de la communauté ?

On pourrait dire beaucoup de choses sur KILN, mais le plus simple c’est encore d’aller l’essayer soi-même !

On accueille aussi avec plaisir les gens sur notre serveur Discord. Quoi que vous pensiez du site, venez nous le dire ! C’est certes un projet qu’on fait à deux, mais on le fait aussi pour toute la communauté rôliste, on essaie donc de prendre en compte tous les retours qu’on nous fait pour que KILN corresponde au mieux à vos envies.

Quelques captures d’écran de l’outil KILN à consulter sur le site si vous hésitez encore à tester.

– Le site parle d’inspirations pour le JDR ; avez vous un coup de cœur pour un JDR ou une inspiration JDR à partager ?

Personnellement je suis un passionné de jeux vidéos, et c’est un milieu où l’on voit souvent apparaître des principes et des univers nouveaux. On a plutôt l’exemple de jeux vidéo tirés de jeux de rôles, mais je pense qu’il y aurait beaucoup à faire dans l’autre sens également !

Pour citer des exemples récents (pour moi), j’ai été séduit par l’ambiance de jeux comme Loop Hero, Hadès ou encore Control. Sans rentrer dans le détail, ces jeux débordent de bonnes idées et je suis sûr qu’ils pourraient inspirer des sessions de JDR très funs et intéressantes.

Alors chers lecteurs, qu’attendez-vous pour tester ? Personnellement, je m’y essaye pour ma prochaine partie en tant que joueur dans une dizaine de jours et je pourrai ensuite vous donner mes impressions !! Merci encore à Hugo et Baptiste pour leur intéressante présentation.

Inspiration pour jeu de rôle : un podcast spatial

Le hasard fait parfois bien les choses.

A des questions faussement simples – ce vaisseau peut-il vraiment aller si vite ? Peut-il vraiment emmener les héros aux confins de l’espace ? – j’ai trouvé une réponse idéale à travers une émission réunissant scientifique (un astrophysicien au CEA : Roland Lehoucq) et artiste (un scénariste et dessinateur : Denis Bajram), sans qu’aucun n’ait de condescendance pour l’autre.

Alors oui !! Je vous conseille fortement ce podcast de la « méthode scientifique » diffusé sur France Culture et intitulé « Ô mon vaisseau ».

Il est consacré aux vaisseaux spatiaux en science-fiction et traite avant tout de cohérence scientifique mais sans rejeter les aspects de création chères à nos inspirations rôlistes. Car finalement c’est bien l’histoire qui importe avant tout, sinon comment pourrions-nous même apprécier ces fictions de space opéra…

Ci dessous le lien vers l’émission qui propose d’autres pistes dans les sources partagées.

https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-emission-du-vendredi-23-avril-2021

Inspiration littéraire pour jeu de rôle – Dark Plagueis de James Luceno

Editions Pocket (poche) / date de première parution : 18/10/2012 / nouvelle édition sous l’appellation « Légendes »

Le titre « Darth Plagueis » s’est transformé en « Dark Plagueis » dans nos contrées, au même titre que Dark Vador était Darth Vader. Par souci de simplicité, je garderai la terminologie utilisée dans la version française éditée chez Pocket.

Résumé : L’ascension de Dark Plagueis le sage et celle de son élève, Palpatine alias Dark Sidious, sont au cœur de ce récit sur le renversement de la force au profit des seigneurs Sith. Des recherches de Plagueis sur le coté obscur, de ses manigances politiques et économiques, jusqu’à ses plans ourdis avec son discipline voué à le surpasser, c’est un pan de l’histoire de Star Wars qui se dévoile dans ce roman (même s’il est désormais détaché de la « mythologie officielle »).

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Le Domaine de Seedmills – la 2ème édition d’un jeu de rôle ésotérique en Late Pledge – Interview de l’auteur : Maxence Albanel

Récemment, Maxence Albanel, auteur indépendant, a pu financer son projet de deuxième édition de son jeu de rôle (JDR) : le Domaine de Seedmills. Cette version sera améliorée dans son contenu et sa mise en forme ; elle s’accompagne aussi d’une campagne dédiée. Le jeu est en late pledge du 25 février au 10 mai 2021 sur la plateforme Gameontabletop. Cela nous semblait être une belle occasion pour poser des questions à l’intéressé sur cet opus et ses autres projets.

Si vous êtes intrigués, cliquez sur l’image ci dessous, vous serez transporté comme par magie sur la page du financement. Sachez également que Maxence Albanel a un site, une page youtube et un compte instagram et que je suis certain qu’il saura répondre à vos éventuelles questions après cette interview.

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CALLIOPÉ JDR – un jeu de rôle épique en financement participatif – Interview

L’atelier des hecantonchires signe un « jeu d’aventures mythiques et mythologiques », actuellement en financement participatif sur Ulule.

Un des auteurs – Florian Óskmær alias Florian Lafosse – m’a contacté ; s’en sont suivies des questions frénétiques de votre serviteur, suivies de réponses passionnées d’un des pères de ce jeu. Les illustrations dans cet échange sont issues de la page de financement accessible ici (ou en cliquant sur l’image ci-dessous). J’y adjoins également la page facebook : https://www.facebook.com/lesseptrois/ et précise que les créateurs proposent des parties tests en ligne.

L’équipe de « l’atelier des hecantonchires » est composée de : Sacha Joubert, Trickytophe, Florian Lafosse, Yann Lieby, Victor San Lopez. Leurs CV rôlistes sont accessibles sur la page du projet.

Florian Óskmær : « Avec des amis (déjà à l’origine les 7 Rois), nous lançons une souscription sur Ulule pour notre prochain JDR nommé Calliopé (…).

Il s’agit d’un JDR épique qui fonctionne avec une système inédit basé sur des cartes à jouer classiques. Les joueurs y incarnent des Appelés du Destin qui, dans un monde fantastique et sans dieux, tentent de maintenir l’humanité dans un certain dynamisme pour éviter la stagnation. Nous travaillons sur ce livre depuis environ 3 ans.  C’est un projet indépendant, le manuscrit étant finalisé, illustré, maquetté, etc. De même pour les aides de jeu comme le jeu de cartes dédié, et un compteur de points.  Ainsi, si la souscription est réussie, tout sera livré assez rapidement. »

L’appel du JDR : « D’où vous est venue cette idée d’un système de cartes à jouer, c’est assez inhabituel ? »

Florian Óskmær : « Les cartes étaient au début juste une fantaisie, une tentative pour sortir des habitudes et voir ce que ça donnait. Les tests ont été tout de suite concluants. Les joueuses et joueurs reconnaissaient que la sensation était très différente par rapport aux dés (plus « arbitraire » du fait de ne pas pouvoir se croire impactant sur le lancer de dé) et en même temps plaisante, alors même que d’un point purement statistique cela revenait au même.

D’où est venue ensuite l’idée que les joueuses et joueurs incarnent des envoyés du Destin avec la possibilité de réécrire l’histoire en ignorant de temps en temps un tirage néfaste. »

L’appel du JDR : « Aussi, je me demande si le système se veut plutôt narratif, ou plutôt « simulationniste » ? Les joueurs évoluent-ils dans un mode de jeu qui se veut héroïque, spectaculaire ou plutôt à un niveau plus humain ? »

Florian : En peaufinant et en épurant le système au sein de nombreuses parties en conventions ou à la maison ou en association avec différents MJs, on a fini par atteindre un niveau d’élégance et de simplicité qui nous satisfaisait pleinement. La difficulté va de 1 à 10 et il suffit donc de tirer une carte de valeur supérieure ou égale pour réussir.

Le petit twist c’est que la couleur influe également sur l’interprétation du tirage. Les couleurs rouges occasionnent une conséquence heureuse inattendue tandis que les noirs occasionnent une conséquence néfaste, qu’il s’agisse au préalable d’un échec ou d’une réussite.

Cela permet de gérer n’importe quelle situation tout en offrant de nombreuses possibilités de résolution. Là est d’ailleurs toute la difficulté pour le MJ dans ce jeu, celle d’interpréter de manière intéressante ces nombreux résultats possibles plus compliqués qu’à l’ordinaire car non binaires. C’est pourquoi nous encourageons les joueuses et joueurs à aussi donner leurs avis sur l’interprétation. C’est en ce sens que nous qualifions notre jeu de narratif.

D’autant plus qu’il n’y a pas de données chiffrées pour les personnages joueurs ou non. Seuls des descripteurs les caractérisent et leur permettent, quand cela est pertinent à l’appréciation de la table, d’obtenir des bonus qui vont gonfler la valeur de la carte tirée.

L’appel du JDR : « Ce monde fantastique que vous décrivez se situe dans un autre monde ? »

Florian : L’univers de Calliopé est effectivement différent du nôtre puisque les divinités de nos panthéons sont nées sur Calliopé mais en ont été exilées. Cela permet d’imaginer un monde qui serait un fantastique melting-pot de toutes nos civilisations anciennes où se croisent toutes les mythologies.

L’idée est de permettre à un MJ d’imaginer très facilement et rapidement un cadre de jeu en accord avec ses goûts et ceux de sa table. Ambiance guerrière sur fond de sang, de boue et de pillage avec des vikings, voyage initiatique et mystérieux sur fond de légendes chinoises, exploration dangereuse dans un labyrinthe grec, tout est possible.

Nous fournissons bien entendu des cités, des idées d’intrigues ainsi que des scenarii dans le livre afin que n’importe qui puisse se lancer sans faire ce travail préliminaire mais nous voulions nous fermer aucune porte. D’ailleurs, dans le même esprit narratif et libre, les scenarii sont présentés non de manière linéaire mais davantage comme des cadres de mini-campagne.

L’appel du JDR :  » Votre projet est intrigant et un peu mystérieux dans sa description, c’est bon signe, çà donne envie d’en savoir plus. De plus, présenter un produit presque fini est inhabituel, avez-vous également envisagé l’auto-édition ? Enfin, vous avez un illustrateur maison ou avez-vous avancé des frais ? Et pourquoi Ulule plus qu’une autre plateforme ?

Florian : « Concernant la réalisation du livre, nous faisons partie des gens qui détestons attendre des années pour recevoir les contreparties d’un financement participatif. Comme pour notre premier projet, nous arrivons avec un produit fini à 99 % afin de pouvoir livrer dans les meilleurs délais dès la fin de la campagne si elle s’avère être une réussite. Les illustrateurs ont ainsi été rémunérés avec les bénéfices du premier projet et parfois avec des avances sur nos fonds propres.

L’auto-édition par le financement participatif nous semblait une évidence puisque ce projet comme celui d’avant reste un délire de copains. On voulait le faire selon nos envies et sans autre contrainte que celles qu’on voulait bien s’imposer. Le propos n’est pas de se laisser aller à un amateurisme qui serait gage d’une qualité médiocre mais de pouvoir par exemple se donner le temps qu’on voulait (ici 4 ans) et ne pas se soucier des tendances du marché.

Le choix de la plate-forme Ulule est somme toute assez arbitraire. A l’époque de premier projet, il n’y avait alors qu’Ulule pour la francophonie en mettant de côté Kickstarter. Depuis d’autres acteurs sont apparus mais nous avons fait le choix de rester fidèle à cette première plate-forme avec qui nous avions apprécié le contact. »

L’appel du JDR : « Je me pose deux questions : celle du ou des illustrateurs ? Je me demande aussi comment vous vous êtes partagés le travail en écrivant à plusieurs ? C’est en tout cas très intrigant. Finaliser ce type de projet doit être très gratifiant.

Florian : « Concernant l’écriture à plusieurs mains, cela a été assez simple. Sacha a rédigé le gros du texte et a ensuite soumis son travail à Trickytophe. Ce dernier, grâce à un fichier texte en ligne, a pu annoter, corriger, reprendre et repréciser les passages qui en avaient besoin. Le reste s’est fait sur la base du dialogue avec tout de même le dernier mot qui revenait à Sacha.

Concernant les illustrations, nous avons eu la chance de rencontrer Yann Lieby, qui nous a fourni une bonne partie des illustrations. J’ai déterminé avec lui une liste de scènes qu’ils étaient nécessaires de mettre en images, en lui laissant donnant les grandes lignes, les éléments ou moments ou éléments clés du livre. Nous avons par la suite collaboré avec d’autres illustrateurs pour compléter le livre. D’ailleurs, toutes les illustrations appartiennent à leur auteur, au titre du droit d’auteur. Et oui, c’est gratifiant de pouvoir publier son jeu de rôle, mais ça reste un sacré travail ! Et le financement participatif reste une période un peu tendue malgré tout. »

Bref, vous l’aurez compris, voici un projet de passionnées enthousiastes qu’il vous faut aller voir de toute urgence sur la page dédiée. Ami lecteur, tu peux aussi cliquer sur l’image du livre pour atteindre le projet.

SHÉCATONCA ES

Alice in Borderland – une série TV pour mieux piéger vos joueurs ?

Que de séries sorties, que d’inspirations au gré de visionnages fébriles que ce soit pour suivre les aventures d’un Mandalorien dans un western space opera ou pour trembler pour ce groupe d’humains face aux enjeux de l’humanité partagés entre la Terre, Mars et le reste de la ceinture du système solaire dans The Expanse. Je pourrais également citer des séries comme The Boys, Lovecraft country voire même Truth seekers (une histoire loufoque de chasseurs de fantôme), je pense également à Tribes of Europa ou encore à la fascinante série Raised by wolves.

Il y a vraiment, selon moi, des standards de qualité qui se dégagent de certaines séries qui vont indéniablement donner des idées aux maîtres de jeu (MJ)… (il y a aussi de grosses déceptions mais tel n’est pas le sujet…)

C’est une autre série que j’ai choisi d’évoquer, il s’agit d’une série japonaise produite par Netflix (ceci étant précisé, je n’ai pas d’action, ni d’avantage particulier chez le diffuseur pour en parler). Précisons qu’elle est tiré d’un manga, qui a également été adapté en 3 OAV. Cette chronique ne traitera que de la version live, puisque je n’ai pas encore pu me procurer le reste.

Une série surprise aux influences multiples

https://imgr.cineserie.com/2020/12/alice-in-borderland-sur-netflix-c-est-quoi-cette-serie-de-sf-japonaise-3.jpg?imgeng=/f_jpg/cmpr_0/w_1920/h_1080/m_cropbox&ver=1

Synopsis et avis

Ryohei Arisu a visiblement raté sa vie ou en tout cas son entrée dans l’âge adulte. Sans boulot, viré de son job dans la programmation, il est rejeté par ses proches et vivote, enfermé dans son monde virtuel de jeux vidéos. Heureusement, il a ses deux meilleurs potes, qui sont sa bouffée d’oxygène, des mecs un peu paumés dans leurs genres également, entre Daikichi Karube, le barman qui couche avec la femme du patron jusqu’à se faire virer ou Chôta Segawa l’employé de banque mal dans sa peau. Seulement, un jour, après qu’Arisu se soit barré de chez lui, les trois comparses se retrouvent soudainement propulsés dans un Tokyo vidé de ses habitants et embarqués dans le jeu macabre qui semble être la seule loi désormais dans cette cité désertée.

En effet, chaque soir, aux quatre coins de la ville, des épreuves permettent aux survivants de Borderland (et oui les trois héros ne sont pas seuls) de prolonger leur visa et donc leur durée de vie. Chaque jeu voit son niveau et sa spécificité visualisée par une carte à jouer, la couleur déterminant le type d’épreuve et la valeur de la carte sa difficulté.

Mais comment survivre lorsque votre temps de vie est décidé par votre capacité à gagner des épreuves aussi variées que terrifiantes ? Qui peut vivre ou mourir, qui le mérite vraiment et à qui profite la situation ? Et enfin qui est à l’origine de tout çà et que s’est-il passé véritablement dans la ville ?

J’ai réellement adoré suivre les aventures d’Arisu, anti-héros par excellence, dans cette quête initiatique pour devenir quelqu’un dans ce monde où il se découvre des capacités à survivre grâce à sa force de déduction. Les rapports humains y sont traités de façon tragique mais cohérente dans cet univers qui navigue entre post apo et science fiction. On ne s’étonnera pas que ce soit l’adaptation d’un manga car on y trouve des archétypes de personnages très marqués et passionnants. J’ai tremblé, pleuré et me suis rebellé pour le héros, je n’ai pas pu lâcher cette série pour la dévorer en peu de temps, tant les rebondissements y sont bien trouvés, même si j’ai un léger goût amer sur la fin de la 1ère saison qui en annonce d’autres…

Mais, en dire plus serait dévoiler trop grandement cette objet audiovisuel qu’il vous faut découvrir, au moins pour vous faire votre propre opinion, au mieux pour partager mon engouement.

Les inspis de la série

Et avant de parler des inspirations à en retirer, on peut également balancer quelques mots sur les apparentes sources de cette œuvre.

On peut citer Battle Royale, pour le coté « jeu de massacre », j’ai également pensé d’une certaine manière à un Running man mis au gout du jour avec les téléphones portables comme principaux médias. Je renvoie vers l’article du blog sur le bouquin originel.

Surtout, avec beaucoup d’astuce, le drama vient reprendre les thèmes chers à Lewis Caroll. On retrouve des références aux aventures oniriques d’Alice au pays des merveilles, des cartes à jouer jusqu’à certains thèmes et personnages (notamment leurs noms japonais si j’ai bien compris), à travers cette plongée dans ce qui semble être un monde parallèle. Mais d’autres en parlent mieux que moi comme dans la vidéo ci dessous, dont la phrase d’accroche pourrait bien servir d’introduction pour la suite de ce billet.

Et le jeu de rôle dans tout çà ? Est-ce une série à réserver aux MJ (maitres de jeu) sadiques ?

Traditionnelle question sur le blog, quelles inspirations peut-on extraire d’Alice in Borderland pour notre loisir préféré (c’est le jeu de rôle pour ceux qui n’ont pas suivi) ?

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Inspiration littéraire pour jeux de rôle – Fœtus d’acier de Serge BRUSSOLO

Editions fleuve noir / coll. anticipation / 1984

Les Fœtus d'acier - Serge BRUSSOLO - Fiche livre ...

Dans un futur incertain, les policiers d’une mégalopole aux atours d’un Paris dystopique ont été remplacés par des robots. Mise au placard sur un poste de scaphandrier, Lise, ancienne flic, travaille avec ses collègues dans le métro englouti sous les eaux pour y identifier les cadavres mystérieusement statufiés. Mais des questions demeurent sans réponse sur la catastrophe qui a détruit le sous-sol et ceux qui y seraient restés prisonniers. Lise va irrémédiablement essayer d’en savoir plus dans une enquête étrange et dangereuse…

Je ne suis pas du tout convaincu par cette couverture bien flippante dont le rapport avec le roman me semble très éloigné… Pour information, ce roman a été ressorti dans une version complète et plus étoffée sous le titre « la mélancolie des sirènes par 30 mètres de fond ». C’est également le 1er opus d’un triptyque intitulé « les soldats de goudron » (surnoms donnés aux forces de l’ordre dans cet univers « brussolien »).

Avis général : L’écriture géniale de Brussolo parvient à nous embarquer dans une histoire à l’imagination débridée poussée dans ses ultimes retranchements parfois au risque de l’absurde. Les personnages secondaires mériteraient un traitement plus fouillé mais l’auteur n’en a pas le temps au vu du format imposé et de son rythme d’écriture à l’époque. Ce n’est pas son meilleur roman mais il reste intéressant à bien des égards pour son univers, sa trame générale et sa fin réussie à mon sens.

Des inspirations rôlistes entre personnages insolites et univers oppressant

Il s’agit de la 3ème critique rôliste d’un roman de Serge Brussolo dans ce format, je renvoie ici aux précédents romans critiqués sous le spectre rôliste : Territoire de fièvre et Les semeurs d’abîmes.

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Présentation vidéo d’un jeu de rôle (JDR) – FACES + aide de jeu (MAJ du 18/02/21)

Une présentation en vidéo d’un jeu de rôle générique que j’affectionne particulièrement : FACES, le jeu de rôle générique aux mille visages.

Le concept ne change pas, un feuilletage avec le moins de montage possible. Je renvoie au scénario sur le site qui utilise ce moteur de jeu.

Petite précision, j’ai omis d’évoquer les points d’énergie, qui permettent à vos joueurs d’accentuer leurs capacités héroïques lorsque cela s’avère nécessaire. Voici donc une aide de jeu en deux versions :

  • noir et blanc pour la lisibilité,
  • avec fond couleur avec une image libre de droit pour rester dans l’esprit de certaines illustrations du jeu.

En bonus, je remets ici les liens trouvables dans la description de la vidéo Youtube, que vous pouvez commenter tout autant que la présente page, avec cette question : quels univers vous aimeriez voir adapté avec le moteur de FACES ?

Nouvelle année, nouvelles perspectives

Bon ok, on est le 25 janvier 2021; mais il n’est pas trop tard !!!

Si 2020 fut fort compliquée, les voyages espérés n’ont pas eu lieu, les liens avec nos proches nous manquent et beaucoup de projets ont été retardés, cette année particulièrement étrange ne semble pas avoir entravé le renouveau du jeu de rôle (JDR).

Certes, nous ne nous retrouvons presque plus autour d’une table (sauf l’été dernier peut-être) mais pourtant des jeux sortent, des parties s’organisent en ligne et nous préparons nos aventures et campagnes en espérant des jours meilleurs. J’ai le sentiment qu’on a perdu quelques joueurs, pour qui jouer virtuellement est un peu rédhibitoire, mais d’autres viennent se greffer, si bien que nous pouvons espérer rassembler encore plus de participants dans la vraie vie lorsque le moment sera venu.

Autre phénomène : la multiplication des chaines youtube d’actual play dans la foulée des chaines de Role’n play, Game of roles, Tales of pi, du joueur du grenier et consorts. Aussi, j’observe la réapparition de blogs et sites dédiés là où il n’y avait presque aucune activité il y a 3 ans, les Discord et réseaux sociaux voient se manifester des rôlistes sur le retour et de nouveaux joueurs intrigués. Il faut dire qu’il n’y a plus rien de diabolique dans l’évocation de ce loisir, on peut désormais en parler à ses collègues et amis sans passer pour quelqu’un d’étrange. Surtout, je pense qu’il faut presque oser en parler, car beaucoup ont envie de s’y essayer sans réellement connaître quelqu’un qui pourrait les initier. L’étape suivante (à plus long terme) sera surement l’apparition de nouvelles conventions, de nouveaux jeux aux concepts originaux, de nouvelles associations et clubs de jeu de rôle, si le vent porte le JDR vers les sommets espérés.

Quoiqu’il arrive, je reste du voyage et le blog continue à m’y accompagner. Désormais, pour plus de lisibilité mais aussi pour évacuer les publicités intempestives, le site est passé à un domaine, certes payant, mais plus adapté. Cela vient renforcer les belles audiences du site, toute proportion gardée face à des bloggeurs plus prolifiques ou des sites sur le JDR plus connus. Sur 2020, presque 3000 pages ont été visitées pour 11 articles publiés contre 56 visites la première année…

Dans le même temps, le site est apparu sur Instagram avec plus de 200 personnes qui suivent son actualité.

Si je joue bien plus, il est notable que j’écris moins sur le site. J’aspire à trouver un rythme de croisière et une organisation permettant deux publications par mois, ce qui me semble être un objectif raisonnable. Je vais continuer à explorer des formats, d’abord avec des reviews mensuelles en vidéo de bouquins de JDR, j’ai envisagé également un podcast mais je pense manquer de temps pour m’y atteler (je garde quand même cette idée), je pense essayer de publier un premier scénario sur le site sur la campagne Space opéra en cours de création, et je vais continuer à proposer des inspirations ludiques. Et au gré de mes rencontres et contacts, j’aurai certainement d’autres choses à vous proposer.

Quoi qu’il en soit, j’ai pu développer des compétences dans le jeu à distance avec une campagne menée sur Roll20 pour Achtung Cthulhu, mais aussi maitriser des parties acharnées de Shadowrun Anarchy, de Rouge Delaware ou encore de FACES dans un univers Space opera de mon cru. En tant que joueur, j’ai pu découvrir Antika et participer à une campagne en cours pour Imperator avec le créateur du jeu, j’ai pu être Bruce Wayne, j’ai pu incarner un cow-boy ténébreux dans Tecumah Gulch, un savant fou dans Deadlands, un cafard dans Insectopia, un droïd libertaire dans Star Wars, un agent secret britannique dans White lies, un reporter dans Cthulhu, un super vilain dans un jeu en cours de tests et particulièrement prometteur : Versus, et j’en oublie. Bref, j’ai pu finalement voyager sans limites grâce aux mondes de l’imaginaire et le périple n’est pas fini pour qui saura répondre à l’appel du JDR..

Que vos projets se concrétisent et que le jeu de rôle, social et rassembleur par essence, continue de gagner de nouvelles lettres de noblesse en cette année 2021, que je veux porteuse d’espoir.

Bonne année 2021