Inspiration pour jeu de rôle : un podcast spatial

Le hasard fait parfois bien les choses.

A des questions faussement simples – ce vaisseau peut-il vraiment aller si vite ? Peut-il vraiment emmener les héros aux confins de l’espace ? – j’ai trouvé une réponse idéale à travers une émission réunissant scientifique (un astrophysicien au CEA : Roland Lehoucq) et artiste (un scénariste et dessinateur : Denis Bajram), sans qu’aucun n’ait de condescendance pour l’autre.

Alors oui !! Je vous conseille fortement ce podcast de la « méthode scientifique » diffusé sur France Culture et intitulé « Ô mon vaisseau ».

Il est consacré aux vaisseaux spatiaux en science-fiction et traite avant tout de cohérence scientifique mais sans rejeter les aspects de création chères à nos inspirations rôlistes. Car finalement c’est bien l’histoire qui importe avant tout, sinon comment pourrions-nous même apprécier ces fictions de space opéra…

Ci dessous le lien vers l’émission qui propose d’autres pistes dans les sources partagées.

https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-emission-du-vendredi-23-avril-2021

Inspiration littéraire pour jeu de rôle – Dark Plagueis de James Luceno

Editions Pocket (poche) / date de première parution : 18/10/2012 / nouvelle édition sous l’appellation « Légendes »

Le titre « Darth Plagueis » s’est transformé en « Dark Plagueis » dans nos contrées, au même titre que Dark Vador était Darth Vader. Par souci de simplicité, je garderai la terminologie utilisée dans la version française éditée chez Pocket.

Résumé : L’ascension de Dark Plagueis le sage et celle de son élève, Palpatine alias Dark Sidious, sont au cœur de ce récit sur le renversement de la force au profit des seigneurs Sith. Des recherches de Plagueis sur le coté obscur, de ses manigances politiques et économiques, jusqu’à ses plans ourdis avec son discipline voué à le surpasser, c’est un pan de l’histoire de Star Wars qui se dévoile dans ce roman (même s’il est désormais détaché de la « mythologie officielle »).

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Alice in Borderland – une série TV pour mieux piéger vos joueurs ?

Que de séries sorties, que d’inspirations au gré de visionnages fébriles que ce soit pour suivre les aventures d’un Mandalorien dans un western space opera ou pour trembler pour ce groupe d’humains face aux enjeux de l’humanité partagés entre la Terre, Mars et le reste de la ceinture du système solaire dans The Expanse. Je pourrais également citer des séries comme The Boys, Lovecraft country voire même Truth seekers (une histoire loufoque de chasseurs de fantôme), je pense également à Tribes of Europa ou encore à la fascinante série Raised by wolves.

Il y a vraiment, selon moi, des standards de qualité qui se dégagent de certaines séries qui vont indéniablement donner des idées aux maîtres de jeu (MJ)… (il y a aussi de grosses déceptions mais tel n’est pas le sujet…)

C’est une autre série que j’ai choisi d’évoquer, il s’agit d’une série japonaise produite par Netflix (ceci étant précisé, je n’ai pas d’action, ni d’avantage particulier chez le diffuseur pour en parler). Précisons qu’elle est tiré d’un manga, qui a également été adapté en 3 OAV. Cette chronique ne traitera que de la version live, puisque je n’ai pas encore pu me procurer le reste.

Une série surprise aux influences multiples

https://imgr.cineserie.com/2020/12/alice-in-borderland-sur-netflix-c-est-quoi-cette-serie-de-sf-japonaise-3.jpg?imgeng=/f_jpg/cmpr_0/w_1920/h_1080/m_cropbox&ver=1

Synopsis et avis

Ryohei Arisu a visiblement raté sa vie ou en tout cas son entrée dans l’âge adulte. Sans boulot, viré de son job dans la programmation, il est rejeté par ses proches et vivote, enfermé dans son monde virtuel de jeux vidéos. Heureusement, il a ses deux meilleurs potes, qui sont sa bouffée d’oxygène, des mecs un peu paumés dans leurs genres également, entre Daikichi Karube, le barman qui couche avec la femme du patron jusqu’à se faire virer ou Chôta Segawa l’employé de banque mal dans sa peau. Seulement, un jour, après qu’Arisu se soit barré de chez lui, les trois comparses se retrouvent soudainement propulsés dans un Tokyo vidé de ses habitants et embarqués dans le jeu macabre qui semble être la seule loi désormais dans cette cité désertée.

En effet, chaque soir, aux quatre coins de la ville, des épreuves permettent aux survivants de Borderland (et oui les trois héros ne sont pas seuls) de prolonger leur visa et donc leur durée de vie. Chaque jeu voit son niveau et sa spécificité visualisée par une carte à jouer, la couleur déterminant le type d’épreuve et la valeur de la carte sa difficulté.

Mais comment survivre lorsque votre temps de vie est décidé par votre capacité à gagner des épreuves aussi variées que terrifiantes ? Qui peut vivre ou mourir, qui le mérite vraiment et à qui profite la situation ? Et enfin qui est à l’origine de tout çà et que s’est-il passé véritablement dans la ville ?

J’ai réellement adoré suivre les aventures d’Arisu, anti-héros par excellence, dans cette quête initiatique pour devenir quelqu’un dans ce monde où il se découvre des capacités à survivre grâce à sa force de déduction. Les rapports humains y sont traités de façon tragique mais cohérente dans cet univers qui navigue entre post apo et science fiction. On ne s’étonnera pas que ce soit l’adaptation d’un manga car on y trouve des archétypes de personnages très marqués et passionnants. J’ai tremblé, pleuré et me suis rebellé pour le héros, je n’ai pas pu lâcher cette série pour la dévorer en peu de temps, tant les rebondissements y sont bien trouvés, même si j’ai un léger goût amer sur la fin de la 1ère saison qui en annonce d’autres…

Mais, en dire plus serait dévoiler trop grandement cette objet audiovisuel qu’il vous faut découvrir, au moins pour vous faire votre propre opinion, au mieux pour partager mon engouement.

Les inspis de la série

Et avant de parler des inspirations à en retirer, on peut également balancer quelques mots sur les apparentes sources de cette œuvre.

On peut citer Battle Royale, pour le coté « jeu de massacre », j’ai également pensé d’une certaine manière à un Running man mis au gout du jour avec les téléphones portables comme principaux médias. Je renvoie vers l’article du blog sur le bouquin originel.

Surtout, avec beaucoup d’astuce, le drama vient reprendre les thèmes chers à Lewis Caroll. On retrouve des références aux aventures oniriques d’Alice au pays des merveilles, des cartes à jouer jusqu’à certains thèmes et personnages (notamment leurs noms japonais si j’ai bien compris), à travers cette plongée dans ce qui semble être un monde parallèle. Mais d’autres en parlent mieux que moi comme dans la vidéo ci dessous, dont la phrase d’accroche pourrait bien servir d’introduction pour la suite de ce billet.

Et le jeu de rôle dans tout çà ? Est-ce une série à réserver aux MJ (maitres de jeu) sadiques ?

Traditionnelle question sur le blog, quelles inspirations peut-on extraire d’Alice in Borderland pour notre loisir préféré (c’est le jeu de rôle pour ceux qui n’ont pas suivi) ?

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Inspiration littéraire pour jeux de rôle – Fœtus d’acier de Serge BRUSSOLO

Editions fleuve noir / coll. anticipation / 1984

Les Fœtus d'acier - Serge BRUSSOLO - Fiche livre ...

Dans un futur incertain, les policiers d’une mégalopole aux atours d’un Paris dystopique ont été remplacés par des robots. Mise au placard sur un poste de scaphandrier, Lise, ancienne flic, travaille avec ses collègues dans le métro englouti sous les eaux pour y identifier les cadavres mystérieusement statufiés. Mais des questions demeurent sans réponse sur la catastrophe qui a détruit le sous-sol et ceux qui y seraient restés prisonniers. Lise va irrémédiablement essayer d’en savoir plus dans une enquête étrange et dangereuse…

Je ne suis pas du tout convaincu par cette couverture bien flippante dont le rapport avec le roman me semble très éloigné… Pour information, ce roman a été ressorti dans une version complète et plus étoffée sous le titre « la mélancolie des sirènes par 30 mètres de fond ». C’est également le 1er opus d’un triptyque intitulé « les soldats de goudron » (surnoms donnés aux forces de l’ordre dans cet univers « brussolien »).

Avis général : L’écriture géniale de Brussolo parvient à nous embarquer dans une histoire à l’imagination débridée poussée dans ses ultimes retranchements parfois au risque de l’absurde. Les personnages secondaires mériteraient un traitement plus fouillé mais l’auteur n’en a pas le temps au vu du format imposé et de son rythme d’écriture à l’époque. Ce n’est pas son meilleur roman mais il reste intéressant à bien des égards pour son univers, sa trame générale et sa fin réussie à mon sens.

Des inspirations rôlistes entre personnages insolites et univers oppressant

Il s’agit de la 3ème critique rôliste d’un roman de Serge Brussolo dans ce format, je renvoie ici aux précédents romans critiqués sous le spectre rôliste : Territoire de fièvre et Les semeurs d’abîmes.

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Inspiration littéraire pour jeux de rôle – Vertemuraille tome 1 – Elijah – Jennifer Tellier

Cet article constitue le premier service presse du blog. Que de nouveautés ces derniers temps… J’ai répondu à l’annonce de la romancière via instagram, tel un défi lancé avec le même principe directeur, trouver des inspirations rôlistes à une œuvre.

Edité chez Nanachi, maison d’édition indépendante, ce roman d’héroic-fantasy, Vertemuraillle, signé Jennifer Tellier, est le premier tome d’une trilogie au titre d’Elijah. Cet opus a été édité en décembre 2019. Le tome 3, l’île aux ours, a été publié en novembre 2020.

Pas évident de se lancer dans un service presse, surtout lorsqu’il est proposé par l’auteure. J’avoue que je me suis inutilement mis une certaine pression. Dans cette posture, j’ai eu du mal avec le 1er chapitre, le personnage principal ne m’intéressait pas trop, je ne me retrouvais pas trop dans la narration. Puis, dès le chapitre suivant, toute cela était oublié, l’auteure semblait prendre ses aises, l’histoire prenait un tour inattendu, en même temps que j’appréciais la lecture sans me soucier d’autre chose. J’ai lu facilement la suite et l’ai réellement apprécié, désireux d’en savoir plus sur l’objectif réel des héros, sur cette magie étrange, sur les relations parfois équivoques des personnages et leurs dangereuses pérégrinations.

Dans ce livre, Elijah, un ménestrel, en apparence insouciant et coureur, exerce ses talents de musicien dans l’auberge de son oncle et sa tante mais voit ses quelques certitudes s’envoler lorsqu’une attaque armée vient détruire son paisible village. De la fuite avec son frère et quelques amis, en passant par les retrouvailles avec de vieilles connaissances qui s’avèrent être mages, jusqu’à une nouvelle quête truffée d’embûches qui devient initiatique pour un Elijah se découvrant des capacités hors norme, l’aventure prend le dessus.

Petite réserve : j’ai eu l’impression que la rencontre des compagnons d’infortune et de magie était un peu facile d’autant que les trois héros se connaissent déjà, qu’il sont dotés tous trois de capacités surnaturelles. Mais le fait qu’ils soient également d’une grâce peu commune m’a finalement ramené à l’idée que rien de tout cela ne devait être fortuit…

Le héros, rapidement introduit dans ce cercle où la magie perdure alors qu’on la pensait oubliée et proscrite, apparaît finalement comme tourmenté, en proie à des sentiments contradictoires. J’admets ne pas être habitué à ce regard appuyé sur les sentiments, les émotions profondes des protagonistes, néanmoins cela m’a rendu l’interprète principal attachant. Cette grande sensibilité alliée à la grande accessibilité du roman en font une belle entrée en matière dans l’univers de la Fantasy. Et on a envie de savoir la suite, signe que le roman a réussi à m’accrocher et me plaire.

Les inspirations rôlistes distillées dans le roman, de la quête initiatique jusqu’aux secrets du monde

Mais vous allez me dire, et les inspirations pour les jeux de rôle (JDR) dans tout çà ?

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Inspiration musicale pour jeux de rôle(s) – Eyes Wide Shut pour jeux horrifiques et plus si affinités

Afin de relancer le site laissé en jachère quelques mois, je reprends en douceur avec la rubrique de partage d’inspirations indispensables à tout maître de jeu musicophile.

Et comment ne pas parler de l’incroyable bande originale (BO) d’Eyes Wide Shut, le dernier film réalisé par Stanley Kubrick et sorti en 1999.

Totalement conquis par la filmographie du génial cinéaste, je trouve cet objet cinématographique totalement fascinant et je dirais même que l’ambiance pesante qui s’en dégage peut inspirer des scénarii oppressants, tant les soirées étranges au centre de l’histoire renvoient à des sociétés secrètes qui pourraient alimenter tous les fantasmes rôlistes. Tels d’improbables voyeurs, ce film nous fait suivre le héros tel un investigateur dépassé par les événements. Et forcément, la musique a cette marque d’une tension terrible et progressive, si bien qu’il faut admettre que j’ai véritablement flippé lorsque j’en ai entendu quelques notes lors de parties jouées avec d’autres Grands Anciens.

Bien sur, vous ne pourrez pas dérouler la musique directement, il vous faudra faire une savante sélection ; quelques titres seront des parfaites musiques d’ambiance jazzy, et le reste prendra inexorablement la tournure inquiétante et tant redoutée pour les auditeurs subjugués.

Cependant, il vous faudra mettre de coté deux pistes : le tube rétro de Chris Isaac « Baby did a bad bad thing », sauf si vous êtes dans un trip vintage ; de même, la fameuse valse de Dmitri Shostakovich « Jazz Suite, Waltz No. 2 » a été trop malmenée par la publicité pour ne pas faire sourire.

Et si vous demandez pour quel jeu de rôle utiliser cette bande originale, je vous dirais que toute histoire au suspense horrifique, tout thriller gothique peut y correspondre, peu importe l’univers, même si les contes lovecraftiens auront toujours ma préférence.

Pour aller plus loin, voici les incontournables de cette bande originale :

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Inspiration musicale pour jeux de rôle(s) – Suspiria pour jeux horrifiques

Deuxième article avec le même concept : faire partager des musiques inspirantes pour le jeu de rôle(s) (JDR).

Et l’heureuse élue est la bande annonce (BO) bien flippante et follement inspirée de Suspiria, signée du groupe italien Goblin. Ce film de 1977 réalisé par le génial Dario Argento est lui même considéré comme un classique de l’épouvante. Un remake a été produit en 2018.

Il faut admettre que le film pourrait très bien servir une aventure rôliste en one shot pour un groupe restreint de joueurs puisque des personnes ordinaires se trouvent confrontées à des événements qui les dépassent. Ainsi, une danseuse américaine, Susie Bannion, vient en Allemagne pour y intégrer un ballet réputé dont elle ignore les sombres secrets ; on peut facilement transposer cette idée à une compagnie de théâtre, une entreprise, ou tout autre groupe auquel les joueurs sont censés s’intégrer pour les besoins du scénario…

Mais oubliez çà pour l’instant, approchez et montez le son de vos enceintes ou de vos écouteurs…

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Inspiration littéraire pour jeux de rôles – Cristal qui songe

Cristal qui songe de Théodore STURGEON

Editions j’ai lu / coll. science-fiction / 1998

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Lorsque le jeune Horty est grièvement battu par un odieux père adoptif, il fuit pour être recueilli par une naine au sein d’un cirque ambulant, dirigé par un étrange et glaçant personnage, Pierre Ganneval. Ce dernier a découvert que ses semblables vivent sans le savoir à coté de puissants cristaux dont il aspire au contrôle absolu. Leurs destins vont irrémédiablement se croiser.

Première publication en 1950.

Les inspirations rôlistes d’un livre sans surprise

Livre au charme désuet, assurément poétique et marqué par le vécu de son auteur. La lecture en est aisée ; pourtant, j’ai été peu surpris et finalement peu transcendé.

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Inspiration littéraire pour jeux de rôle(s) – Les voies d’Anubis

Les voies d’Anubis de Tim Powers.

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Court résumé

Un roman d’aventure publié en 1983, trépidant et furieusement pulp, dans une magnifique édition aux bords dorés (Bragelonne) ; il y est question de voyage dans le temps, de complots étranges et de magie, dans un univers aux accents steampunk (roman considéré comme un des fondateurs de ce mouvement).

Brendan Doyle, professeur spécialiste de littérature du 19ème siècle, est engagé pour participer à un voyage temporel afin de donner une conférence sur un de ses auteurs favoris. Cependant, bloqué dans le passé, il tente de survivre, aux prises avec des bohémiens mystérieux, un clown sinistre régnant sur une guilde de mendiants puis des sorciers voulant changer le cours de l’histoire pour redonner sa force à l’Egypte ancienne.

Un vrai plaisir.

Cette aventure, dans la veine de certains films d’aventure des années 80, ferait un parfaite adaptation en série tv.

A écouter avec des BO de films comme « Indiana Jones », « la Momie », voire avec celle du jeu vidéo « Black Flag » (musique terriblement efficace).

 

Des idées à piocher pour le JDR (si vous ne voulez pas lire le livre) :

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Godless – une série Netflix qui donne envie de tâter du western en JDR

En rédigeant cet article sur une nouvelle série Netflix, je me suis demandé s’il était pertinent de faire de telles critiques, d’autant que, vous allez le comprendre assez vite, j’ai beaucoup aimé cette série.

Puis m’est revenue à l’esprit cette terrible réalité : j’ai d’autant plus apprécié ce programme que j’ai éprouvé peu d’intérêt pour d’autres, déjà reléguées dans la mémoire morte dans mon disque dur cervical. Grâce à des séries qui m’ont profondément gonflé comme Travelers alias les voyageurs du temps (un groupe vient du futur pour sauver le monde perd toute crédibilité en quelques épisodes) ou Black Lightning (poncifs et manque d’imagination pour un super héros électrique sorti de sa retraite anticipée), j’ai pu pleinement apprécier la qualité de Godless.

La série western de Netflix

Un groupe de gangster sans foi ni loi sème la terreur dans l’Ouest lointain à la poursuite d’un de ses membres en fuite. Le gangster en quête de rédemption est arrêté par le shérif d’une petite ville, « La Belle », ayant perdu deux ans plus tôt la quasi-totalité de ses hommes dans l’accident de la mine d’argent locale.

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Vous vous dites sûrement que le pitch est bien classique et le traitement l’est, en ce que cette série Netflix, produite par Steven Soderbergh, écrite et réalisée par Scott Franck (réalisateur que je découvre à cette occasion) a tous les autours du western.

Le décorum, fait de grands espaces et de villes emblématiques, s’avère spectaculaire. De même, en plus de thèmes classiques autour de la vengeance et la rédemption, on y retrouve des archétypes fidèles au genre : méchant charismatique et terrifiant, shérif vieillissant et son jeune disciple, héros résiliant au grand cœur, quelques indiens, des cow-boys crasseux et souvent malhonnêtes… Pourtant, à ce schéma traditionnel, s’ajoute l’idée de donner une place plus importante à un groupe de femmes de cette ville de « La Belle ». Et c’est bien là le tour de force de cette mini-série concentrée sur une unique saison de 7 épisodes. On suit avec passion les aventures quotidiennes des nouvelles maitresses de « La Belle » face aux convoitises de personnages peu scrupuleux.

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Aux portraits d’hommes qui parcourent ce récit, répondent des femmes, majoritairement veuves, aux destins atypiques, aux choix forts, face à la nécessité de se débrouiller seules.

Outre l’esthétisme envoûtant de ce Far West, tout semble parfaitement plausible tant les personnages sont bien campés : de la mère célibataire qui élève des chevaux en compagnie de sa belle-mère indienne à l’ancienne prostituée devenue maitresse d’école, en passant par la riche veuve en fuite.

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Le « prêcheur » Frank Griffin, chef de meute, habité par Jeff Daniels, est le méchant ultime, autant fascinant qu’effrayant. Il me semble que la série joue parfaitement avec cette ambivalence du personnage, qui se décrit comme un sauveur tout en étant capable des pires massacres. Une des premières scènes du film, extrêmement violente, nous fait découvrir immédiatement sa propension à la tuerie. Je me dis que cette scène, ne laissant aucun doute sur la folle barbarie de Griffin et sa bande, nous faisant forcément le détester, a pu empêcher certaines personnes d’aller plus loin. La couleur de la série est annoncé : bienvenue dans un monde mortel où règne la loi du plus fort.

Michelle Dockery, l’actrice anglaise qui joue Alice Fletcher, mère célibataire, éleveuse de chevaux, rebelle et mystérieuse, est d’une beauté renversante. Je lui trouve une présence et une classe folle. Le moment venu, elle devient complètement badass, au même titre qu’une des femmes fortes de la ville, Marie-Agnès, sœur du shérif, et amoureuse de l’institutrice, incarnée avec sensibilité par Merrit Wever. Elle est la protectrice ultime de sa ville et ses habitants.

La scène finale semble se dessiner inexorablement pour tenir finalement toutes ses promesses. J’avoue m’être étonné d’être saisi par l’émotion à la fin de la série, d’autant plus belle qu’elle n’a pas de suite.

Je ne peux révéler tout le contenu de Godless, western désespéré au visuel soigné, immersif dès le générique, car j’ose espérer que quelques lecteurs iront dévorer fiévreusement une des meilleures séries « netflixiennes ».

 

Et le jeu de rôle dans tout çà ?

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