JDR MAG 45 – PRINTEMPS 2019 – LA CRITIQUE

Comme annoncé précédemment, voici ma chronique consacrée au JDR Mag printanier. Sonnez cors de chasse high-tech, résonnez boucliers de combats améliorés !! Knight est en couverture !!

Sans refaire mon article introductif, je reconnais avoir acheté cet ouvrage en mode compulsif, sans forcément m’inquiéter du contenu. Après avoir lu ce JDR Mag saisonnier, il m’a fallu un temps de maturation pour essayer d’avoir un avis construit. J’ajoute qu’essayant de prioriser le jeu lui-même, avec deux parties organisées sur le mois de mai, j’ai manqué de temps pour alimenter le site web. Cela vaudrait presque un article sur les capacités organisationnelles et motivationnelles du MJ…

Je vais donc faire une critique sur le contenu en essayant d’en balayer le plus d’éléments, sans tout dévoiler, il est nécessaire de lire cet opus pour s’en faire sa propre idée.

Pour la forme, il n’y a aucun changement, c’est beau, tout en couleur (oui, je sais, çà peut surprendre comme réflexion, mais matez des vieux Casus Belli ou certains livres de règles ou suppléments, vous comprendrez mieux…)

NOTULES LUDIQUES

Il est question ici de ce qui fait l’actualité de notre loisir favori. Je dois admettre que je m’y sens dorénavant à mon aise entre jeux en financements, previews, curiosités. Parmi ces infos, un très court encart fait référence à Bitume dont le financement participatif bat son plein. J’avoue que j’aurais aisément craqué si j’avais la certitude d’avoir le temps de donner à jouer à un tel jeu de rôle, revival d’un classique du post-apo.

FACES, le jeu de rôle aux mille visages

Mon choix s’est plutot porté sur un système générique. Cà tombe bien, il y est notamment question du jeu générique indépendant FACES que j’évoquerai sûrement dans un prochain article.

Bref, toute cette partie est riche en contenu, si bien qu’on y trouve toujours des choses intéressantes sauf à être branché en permanence sur la matrice, ce n’est pas mon cas.

BILLETS D’HUMEUR : UNE NOUVEAUTE

Une double page sur les billets d’humeur de la rédaction fait son apparition, humanisant les auteurs, ce que confirment les pastilles avec leurs trognes qui accompagnent les signatures à la fin de chaque article ; initiative qui met indéniablement en valeur les chevilles ouvrières de l’ouvrage.

ENTRETIENS

  • Rencontre avec Sandy Petersen
  • Rencontre avec Arnaud Cuidet

L’interview de Sandy Petersen : le premier article que j’ai dévoré, très curieux de ce que pourrait narrer ce Grand Ancien. Pour rappel, c’est l’auteur principal du JDR de l’Appel de Cthulhu, rien que çà…

J’ai été franchement étonné de la fraicheur du bonhomme.
Il y est question de jeux de rôles, de jeux de société, de conseils du maître. Il transparait de l’interview l’image d’un auteur toujours aussi inspiré, avec une passion pour le jeu assez fascinante.

Suit un entretien avec Arnaud Cuidet, auteur d’un JDR de pirates spatiaux : Metal Adventures, édité par les Editions Matagot. L’article présente, par ce biais, le parcours de l’auteur et son œuvre ludique. Concernant le jeu en question que je découvre entièrement (j’adore le concept entre Albator et Pirates des Caraïbes), une nouvelle version doit être proposée en financement participatif prochainement (après une édition 1.5 non financée sur Ulule).

Je me permet de remettre le site web officiel (metal-aventures.matagot.com).

DOSSIERS

  • Bilan des financements participatifs 2018
  • Le Roi Arthur: Le Mythe aux mille visages

Dossier sur le financement participatif : nous est détaillée une analyse de marché sur 2018, qui pose des constats, interroge, avance de hypothèses sur l’avenir de ce mode de financement. A lire si le sujet vous intéresse ; j’admet avoir parcouru l’ensemble sans trop m’y arrêter.

Le DOSSIER : le Roi Arthur : compulsant cet article avec grand plaisir, je ne m’attendais pas à un tel travail sur les origines arthuriennes dans la littérature, qui précède un exposé sur ses utilisations contemporaines à travers les différents médias dont le jeu de rôle. C’est ainsi que j’ai réalisé être passé à coté des principaux JDR chevaleresques, préférant les sombres héros moorcockiens ou lovecraftiens. Seule exception sans doute : Star Wars, bien que j’ai rapidement préféré y incarner des mercenaires plutôt que des Jedis… L’auteur livre un travail formidable de recherche et de vulgarisation, alors même que ce n’est pas le sujet qui m’attire le plus. Si un lecteur est fasciné par les chevaliers et la légende du roi Arthur, il lui faut ce dossier pour en faire une riche source d’inspiration.

ON Y A JOUÉ !

  • Knight
  • Meute
  • Ribbon Drive
  • Ryuutama
  • D&D – La Malédiction de Strahd
  • Star Wars – Officiers de terrain

Comme je l’ai déjà écrit, cette rubrique fait, selon moi, une des forces du magazine. Il est question de tests réels, avec Knight en tête de proue. A base de combat épique et de roleplay, Knight revisite le mythe de la Table Ronde dans un moyen-âge post-apocalyptique et technologique, puisque les héros portent des armures high-tech pour combattre l’Anathème, autrement dit les forces des ténèbres. Le jeu, dont le succès me fascine, a l’air vraiment beau et épique, mais je suis pas certain d’avoir envie d’en être maître de jeu. J’y jouerais avec plaisir si l’occasion m’en était donnée, mais pas en tant que metteur en scène, certainement du fait d’un imaginaire moins porté sur la chevalerie.

Une partie en actual play avec comme MJ, un de ceux qui a relancé le jeu Knight via les éditions Antre Monde, çà vous dit ? C’est par ici, via une partie en ligne, sur l’excellente chaine Youtube Volsung 2d6plusCool. Il est à noter que le bonhomme, Guillaume Herlin, est chroniqueur sur Roliste TV et auteur d’un scénar dans cet opus.

Puis, après cette plongée dans les légendes arthuriennes, j’ai découvert Meute, jeu où hommes et loups se lient, où le groupe des lycanthropes prévaut sur l’individu. L’article suivant présente Ribbon Drive, jeu indépendant et gratuit, sans meneur, avec la musique pour inspirer le récit de voyage des joueurs. En bonus, quelques compilations pour ce jeu original. Étonnamment, féru utilisateur de musiques en partie, j’ai presque regretté de ne pas avoir ce même genre de proposition pour les autres jeux. Puis Ryuutama conclue ce triptyque original et vivifiant avec un JDR japonais et poétique, inspiré des jeux vidéos japonais.

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Nous avons ensuite du lourd, avec du Donjons et dragons, du Starwars et du grandeur nature.

Image associée

La critique sur la version remise à jour de Ravenloft – la malédiction de Strahd – a retenu mon attention. Je ne suis absolument pas un client de Donjons et Dragons, je crois avoir rapidement tangué vers l’Oeil noir puis les univers plus sombres de Warhammer. Ensuite, notre groupe de joueur – alors boutonneux – a parcouru les tréfonds des Jeunes Royaumes (Stormbringer) avec des règles plus faciles à appréhender à coup de dés de 100. Puis Hawkmoon et Bloodlust ont posé un sceau médévial fantastique ténébreux sur le funeste destin de nos héros déjantés… Pourtant, s’il est bien un univers de D&D que j’aurais aimé explorer, c’est celui du Château de Ravenloft. L’article pose bien les apports et défauts d’un supplément qui décrit avec générosité le monde du Comte Strahd von Zarovich, ne le cantonnant plus à son palais.

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Un article de la défunte version française de Dragon Magazine décrivait déjà le monde de Ravenloft. Je le conseille aux vieux collectionneurs ou autres fans de vampires.

L’adjonction de ces deux chroniques donne franchement envie d’y plonger les joueurs.

De même, ayant été particulièrement client du JDR StarWars (avec des Dés à 6 faces), j’ai lu avec attention l’article sur le supplément intitulé l’ère de la Rébellion – Officiers de terrains.

Quant au Grandeur Nature « Shadow Island », j’ai redécouvert le genre avec l’article concerné. Car j’en avais une vision un peu surannée, je l’admet. Ici, point de gros barbus avec des épées en mousse, mais un JDR grandeur nature aux accents cthuliens, tout en subtilité, aux ressources libres d’accès. Le thème : une réunion de famille annuelle sur Innsmouth dans les années 30, pour commémorer la mort d’un aieul. Je ne sais si je pourrais sortir de ma zone de confort pour tenter ce genre d’expérience. Pourtant, l’initiative et le travail effectué pour permettre une telle création méritent votre attention. Cet initiative me semble pleinement dans l’air du temps.

SCÉNARIOS & AIDES DE JEU

Nous avons sur l’étal du JDR MAG :

  • Scénario Knight
  • Scénario Wasteland
  • Scénario Vampire V20

Intéressant, mais très, très loin de ce que je donner à jouer à ma table. Est-ce digne d’intérêt voire adaptable pour autant ?

Est-ce digne d’intérêt voire adaptable pour autant ?

Nous est d’abord livré un scénario KNIGHT qui a l’avantageux concept de permettre de faire prendre conscience de l’importance de l’art dans cet univers, comme rempart au mal absolu, l’Anathème. Il s’agit d’un scénario où les joueurs devront sauver un artiste emprunt au désespoir, suite à son contact avec une matière aux sombres effets. Je trouve que cela ferait un très bon scénario d’introduction qui doit se conclure sur une bataille épique. Seul regret ; l’absence de petites aides de jeux, je pense à des copies des correspondances évoquées dans le récit ou peut être à des descriptions plus précises des œuvres de l’artiste prêt à sombrer dans la folie. De même, nous n’avons pas d’illustration représentant l’artiste exalté, alors que d’autres portraits sont proposés. En soi, ces détails ne sont pas dérangeants, le MJ sait qu’il doit souvent mettre la main à la pâte. Il faut souligner l’excellent initiative qui consiste à proposer des musiques d’ambiance.

Pour ce qu’il relève de son adaptabilité, de nombreux JDR permettraient d’envisager cette idée d’un artiste qui s’enfuit, au bord de l’aliénation, nécessitant l’enquête des aventuriers. Il est aisé d’envisager un synopsis d’enquête dans les années folles, en lien avec un objet impie. De même, un employeur d’un monde cyberpunk pourrait engager les joueurs pour une telle mission. Pour le reste, le monde de Knight reste particulièrement spécifique, seule la trame principale est à conserver pour un autre jeu.

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Ensuite, un scénario pour Wasteland, dans un monde d’héroic-fantasy post-apocalyptique, narre une fête qui part en vrille, les personnages étant atteints de terribles hallucinations liées aux émanations toxiques d’un champignon, fruit d’expériences oubliées. Le scénario n’est pas linéaire et offre clairement de nombreuses pistes, tout en conseillant sur l’ambiance et la progressivité nécessaire des évènements. Cette histoire demande un certain degré d’expérience pour l’ensemble des acteurs autour de la table. En effet, il me semble nécessaire de garder la maîtrise du rythme et des évènements pour instiller le doute. Les joueurs, en confiance avec le MJ, doivent pouvoir parfaitement dissocier ce que vivent leurs personnages et eux-même. A noter, un plan et une description des PNJ majeurs pour parfaire un ensemble d’une très grande pertinence.

Cette aventure est clairement annoncée comme transposable ; et cela me semble être parfaitement le cas. Je verrais bien une partie de l’Appel de Cthulhu sans aucun rejeton indicible, si ce n’est sous l’effet d’une substance pouvant donner l’illusion du surnaturel. De même, un tel scénario dans une partie d’Héroic Fantasy pourrait parfaitement surprendre les joueurs.

J’ai lu le dernier scénario sur Vampire V20 comme un roman policier, à la poursuite d’une vampire des pays de l’Est dans Paris. Je trouve que c’est le meilleur des trois. L’histoire et les différentes possibilités en font une excellente plongée dans cet univers glauque. N’avoir jamais tâter ce jeu peut faire partie de mes rares regrets rôlistes.

La force du jeu Vampire : il est si spécifique qu’il est difficile d’en tenter une imitation ; dès lors, il me semble complexe d’adapter ce scénario sauf à transformer les PJ en enquêteurs humains, au gré d’une grosse refonte de l’ensemble. J’oubliais les deux aides de jeu en mode « fac-similé » d’extraits d’archives, qui sont juste parfaits et utilisables pour d’autres jeux.

RECETTE

Bon, j’admets, je ne m’y suis pas intéressé, même si la photo du plat m’a ouvert l’appétit…

INSPIRATIONS

  • Portrait: HAL 9000
  • La Furie lovecraftienne d’Anders Fager
  • Les Classiques du cinéma : Akira BFI
  • Battlefront: Twilight Company

Portrait: HAL 9000 : Il y est question d’intelligence artificielle à travers le film : 2001, l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick. Que dire ? Il fait totalement sens de s’en inspirer pour mieux incorporer un tel concept dans votre monde imaginaire. Aux références de l’article, analysant le fonctionnement d’HAL et donnant des conseils pour toute IA dans vos parties, j’ajouterais Neuromancer de William Gibson. Je me rends compte que je n’ai pas grand chose à ajouter, si vous avez dans l’idée de coller une IA aux basques de vos aventuriers, cet article est pour vous. Et je le garde comme référence pour mes prochaines parties de Shadowrun Anarchy.

La Furie lovecraftienne d’Anders Fager : un article sur un roman nordique, les furies de Boras, adaptation originale du mythe, à tester après tous mes projets de lecture.

Les Classiques du cinéma : Akira BFI, un bouquin sur l’œuvre cinématographique majeure d’Otomo ; je ne peux pas masquer mon plaisir. Après 2001, Cthulhu, voilà du Akira. Je rejoins totalement Fabien Fernandes, auteur de cette chronique, tout peut être source d’inspi dans ce manga et sa version animé, même dans la bande originale, pourtant non évoquée. Pour le plaisir, j’en partage un morceau. Ah oui, ce même Fabien, décidément de bon goût, nous parle ensuite d’un roman guerrier sur Star Wars, Battlefront: Twilight Company, qui semble l’avoir conquis. Une bonne idée de cadeau pour redonner envie à un de mes joueurs de ressortir ses livres du grenier.

ASPIRINE

  • Le Bovarolysme (ou la douce maladie des rôlistes)
  • Espaces et modes d’expression en JdR
  • BYOD & JdR

Après ces excellents articles, le suivant, très analytique, sur le comportement des amateurs de JDR avec le Bovarolysme (ou la douce maladie des rôlistes), m’a moins passionné. Je suis quelque peu lassé des catégorisations et autres études réflexives sur le jeu de rôle, peut-être pour en avoir trop bouffé. Pourtant, c’est bien écrit, bien pensé, bien foutu quoi !! Au moins, cela m’aura rappelé l’essentiel, ce qui compte, c’est bien de jouer avant tout !!

Bien que ne me sentant pas forcément concerné par l’article didactique suivant sur les espaces et modes d’expression dans le JDR, j’y ai trouvé un très bon support pour l’initiation. De même, BYOD et JDR porte sur l’apport des nouvelles technologie dans le JDR avec belles idées et projections sur le sujet.

EN CONCLUSION

Avec le recul, il est certain que je n’aurai pas acheté ce JDR MAG si je l’avais ouvert avant l’achat, me disant qu’il manquait de matière pour mes gouts. Je n’ai pas forcément la chevalerie en adoration, aucun jeu n’est présent dans ma ludothèque que ce soit du coté des scenarii ou des jeux critiqués.

Pourtant, la rédaction de cette critique m’a obligé à le lire avec attention afin d’en débusquer les ressources. Je ne suis pas sûr que je me livrerai forcément chaque trimestre à ce même exercice de style, mais j’ai apprécié ce challenge (que je m’étais fixé tout seul, vous noterez). Je choisirai donc le prochain numéro avec plus de sagesse tout en gardant en tête que même un JDR MAG qui ne semblait pas destiné a réussi à me surprendre agréablement par son contenu de qualité, tant il m’a semblé possible de dénicher d’utiles et belles inspirations tout au long de ma lecture.

Allez, faisons la fine bouche, saupoudrez quelques illustrations supplémentaires de PNJ, infusez d’autres aides de jeux documentaires (genre photos ou documents d’ambiance à la Vampire) et maintenez au chaud avec des idées de musiques d’ambiances pour chaque chronique de jeu ou scénar, et je réclamerai le retour de l’abonnement !! 😎

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